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27 novembre 2007 2 27 /11 /novembre /2007 15:32

« Est-ce que Dieu peut faire partie du processus de l'évolution ? Si je crois en Dieu, puis-je croire aussi en l'évolution ? »

 

Non, Dieu ne fait aucunement "partie du processus de l'évolution". Ce « processus » fait intervenir le hasard des mutations génétiques ce qui correspond précisément à nier une intervention dirigée. L’évolution a été promue dans une époque de révolution contre Dieu par des adeptes de l’humanisme. Je ne vois pas comment combiner la philosophie de l’évolution avec la théorie créationniste.

 

Toute cette confusion provient du fait que le terme "évolution" est rarement défini par ses adeptes ; en conservant une latitude, ils ne s'exposent pas à devoir répondre à des questions précises et souvent, on réalise que les évolutionnistes parlent seulement de sélection naturelle. Celle-ci n’explique rien de plus que la disparition de certains caractères (disparition du caractère « poil court » au profit de « poil long » dans un écosystème qui se refroidit).

 

L'évolution devrait être en mesure d'expliquer l'origine des organes, des structures morphologiques, en bref, l'origine des gènes. Cette théorie a complètement échoué à ce niveau, aucun exemple d'évolution n'a jamais été fourni qui montrerait une telle apparition.

 

Ceci dit, la sélection naturelle existe bien et la variété génétique aussi. Je ne crois pas que Dieu ait créé toutes les espèces de la famille des canidés. Je crois qu'une ou quelques formes originales ont été créées. Ensuite, des variations de grandeur, couleur, poils, etc ... peuvent se produire sans intervention de Dieu. Le point principal à retenir est qu'en aucun cas, une variation de la longueur du poil n'entraîne un changement de fonction de celui-ci, ni l'apparition d'un nouvel organe. Autrement dit, la génétique d'un chiwawa ne montre pas plus ou moins de gènes que celle d'un doberman. Ces variations qui ont pu émerger sans intervention intelligente n'expliquent absolument rien sur l'origine des chiens, l'origine des pattes, des yeux, des plumes d'oiseau, du cerveau ... des questions qui pourtant sont au centre de la question des origines.

 

 

Donc, pour clarifier le débat, on devrait parler de l'origine des formes de vies* originales au lieu de l'origine des espèces. Pour être encore plus claire, on pourrait poser le problème comme l'origine des caractères morphologiques. Comment les yeux sont-ils apparus ? Par création ou évolution ? Les nageoires ? Le cerveau ?

 

 

*Elles se situeraient au niveau "ordre" ou "famille" dans la classification taxonomique.

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commentaires

R. Masson 11/01/2008 15:12

Bonjour à tous,

 

    Ayant lu attentivement l’article de Josias et le commentaire de Pierre, je souhaitais simplement ajouter quelques éléments à ce qui a été exposé. (Etant biologiste et ayant reçu une éducation catholique, l’argumentation de Pierre sur la cohabitation de la science et de la religion me semble tout à fait raisonnable).

 


 

Un simple exemple. D’un point de vu biologique il est possible de comparer l’anatomie d’une main et d’une nageoire. Or, il apparaît clairement que ces deux structures présentent des analogies fortes. On peut donc supposer que si la vie est apparue dans l’eau, puisque les fossiles les plus anciens sont ceux d’espèces aquatiques, et que des formes primitives de vies ont par la suite colonisé la terre ferme, cette structure a évolué pour se reconvertir en patte. Le caractère « patte » n’existant pas au départ, il est cependant dérivé d’un autre… Notez bien qu’il s’agit la d’une hypothèse et non d’une affirmation !

 


 


 

   Autre chose, d’un point de vu moléculaire, il est frappant de constater que toutes les formes de vie possèdent, à de très rares exceptions prêt, le même code génétique (et non le même génome !!!), c'est-à-dire le système qui permet de traduire le génome en protéine. Les bases ACG correspondant par exemple à un acide aminé qui est la thréonine, quelque soit l’organisme pris en compte. Par ailleurs, si l’on compare une cellule de tortue et celle d’un homme, il apparaît que bon nombre de mécanismes de bases sont quasi identiques (production de protéine, d’énergie, etc…). Un embryologiste aura d’ailleurs beaucoup de peine à distinguer deux embryons âgés de deux semaines  provenant de ces deux espèces. La nature aurait t’elle recyclé des processus pour les appliquer chez différentes espèces ?
La encore, cette constatation suggère une origine commune à ces deux espèces, mais ne remet pas en cause l’existence d’un dieu !
 


 


 

 
 


 

Enfin, pour reprendre les propos de B. Werber :
Emettons une proposition à caractère « scientifique » par exemple : la lumière se déplace en ligne droite.
 

Il est facile de prouver le contraire en plaçant un verre d’eau sur le trajet du faisceau lumineux…

 

Emettons une proposition à caractère religieux : Je crois aux fantômes.
Bien entendu, cette assertion n’est pas réfutable, quelle démonstration pourrait on proposer pour la contredire ?

 


 


 


 

Le propre de la science est de proposer des théories formulées à partir d’observations, puis de les confronter à nouveau à la réalité afin de vérifier leur solidité. Rien n’est jamais ni absolu, ni acquis, dans ce domaine, surtout en biologie. Comme disait Pierre, il s’agit de « comprendre les règles du jeu », pas de s’attaquer à l’essence même de l’univers (pour cela, seul l’introspection et la méditation pourront vous apporter des réponses…). Dans ce cadre, il est préférable de partir des faits et de construire une hypothèse : « voyons ces fossiles et essayons de comprendre », plutôt que de faire le chemin inverse : « Dieu à créer le monde, comment puis je faire coller les faits à ce qui est écrit dans la bible ? »

Pierre Cardonnel 16/12/2007 05:21

Bonjour à vous. J’ai lu avec attention vos articles concernant l’opposition entre créationnisme et évolutionnisme.
 
En préambule, je pense qu’opposer systématiquement Dieu et science est une erreur. D’ailleurs, l’idée d’un Dieu n’a que peu d’importance sur le travail de la science : elle n’est pas là pour prouver son existence ou son absence ; elle est là pour trouver les règles du jeu régissant notre Univers, qu’elles soient spontanées ou créées.
 
Au fond, personne ne sait la réalité des choses sur l’existence ou non d’un Dieu. On peut tout au plus croire (le mot a un sens) à un message qui aurait été livré aux hommes. Aussi, moi qui suis agnostique, l’idée qu’il y ait un Dieu n’est pas absurde, mais l’idée qu’il n’y en ait pas ne l’est pas moins.
 
Vous dites : ‘Pour moi, un ordinateur ou n’importe quel système complexe, organisé et contenant de l’information requiert une cause intelligente pour son origine. Pourquoi la cellule devrait être exclue du cadre logique normal ? Si je sais qu’une cause intelligente peut conceptualiser et agencer un système complexe, alors n’est-ce pas une approche purement logique d’affirmer que la cellule ou n’importe quel organe ou fonction biologique, des milliers de fois plus optimaux et complexes que les conceptions humaines, requièrent une cause intelligente pour leur origine ? C’est au moins une théorie recevable.’
 
On peut être d’accord avec votre logique, mais si on la pousse jusqu’au bout, il survient un problème. En effet, l’organisation du Vivant, mais plus loin encore, l’organisation parfaite de l’Univers requiert une cause intelligente pour son origine. Il lui faut donc un Dieu assez parfait pour créer un Univers. Mais ce Dieu, s’il est si parfait, comment peut il être lui-même spontané, comment peut-il être sans avoir été créé par une cause intelligente ?
Si votre logique admet que ce Dieu est spontané (il a été, il est, il sera), qu’il n’a eu nul besoin d’un Créateur qui lui permette d’exister, vous devez admettre que la même logique descende d’un pallier, et que l’Univers et toutes les règles qu’il comprend peuvent également être spontanées. Ensuite, tout n’est qu’affaire de croyance, et personne n’a tort ou raison. En fait personne ne sait vraiment, mais la logique, elle, est vraie, quel que soit le pallier sur lequel on s’arrête.
 
Vous dites aussi : ‘Une espèce ‘avantagée’ est une expression vague qui contribue à faire croire que l'évolution est crédible. Nous sommes dans le débat des origines, il faut donc proposer un mécanisme d'apparition des caractères biologiques. Une "espèce avantagée", ça ne dit rien de précis à ce sujet. […] Il faut d'abord bien comprendre où intervient la sélection naturelle. Voici une analogie : Vous jouez à la loterie et si vous gagnez, vous conservez le billet, si vous perdez, vous jetez le billet. Est-ce que le fait de conserver ou pas le billet (sélection) augmente vos chances de gains ? La probabilité de gagner reste la même. De la même façon, la sélection naturelle ne peut agir que lorsqu’un nouveau caractère biologique avantageux apparaît. La sélection naturelle n’augmente pas les chances qu’une mutation génétique avantageuse se produise.’
 
En effet, si vous jouez au loto et que vous gagnez, il ne vous sert à rien de conserver le billet pour le prochain tirage. Sauf si vous savez que lors des mille prochains tirages, le bon résultat sera toujours le votre. Ce tirage, cela peut être un bouleversement climatique (glaciation par exemple), qui n’est pas un ‘one-shot’, mais qui est fait pour durer un ‘petit’ moment.
 
Mais le mécanisme de l’évolution ne s’applique pas seulement aux espèces, on peut d’ailleurs mieux comprendre sa logique dans d’autres aspects, par exemple l’évolution des langues. Vous parlez le français du Québec. Je parle le français de France, avec un vocabulaire du sud influencé par l’occitan. Les contraintes différentes que nos aïeux ont subies ont amené ces derniers à abandonner des mots qui n’avaient que peu de sens, et à privilégier des mots plus appropriés aux nouvelles situations, les transformant peu à peu. Ainsi, bien que très proches, nos deux langues sont finalement devenues spécifiques. Aussi, contrairement à l’idée que tout serait déjà là, et que l’évolution ne serait qu’une ‘perte’ d’un caractère général, on peut constater dans l’exemple de l’évolution d’une langue en quelques branches spécifiques, qu’elle consiste en l’abandon de certains caractères, et à la ‘mise en lumière’ de nouveaux, ceux-ci se transformant peu à peu pour être en phase avec le nouvel environnement. Evidemment, cette transformation ne s’est pas faite du lundi au mardi, et il aura fallu quelques quatre cent années pour que nos deux langues diffèrent quelque peu.
 
L’exemple est également valable pour l’évolution des techniques et les cultures humaines.
 
Un petit exemple historique me permet de mettre en lumière le fait qu’une évolution d’un élément ne naît pas forcément de son avantage direct a priori : les premières armes à feu dans l’Europe médiévale (fin du XIVè siècle ap. J.C.) n’étaient ni supérieures aux arcs, ni aux arbalètes. Le temps de préparation était fort long, le temps de refroidissement de l’objet plus encore, et, pire que tout, l’arme avait une fâcheuse tendance à exploser à la figure de celui qui la maniait. Pourquoi avoir maintenu alors son utilisation, et ce pour qu’elle acquiert plus tard dans des variantes nombreuses sa réelle efficacité ? Parce que le son qu’elle produisait (énorme), et le flash de feu qui accompagnait ce son étaient inédits à l’époque, dans un monde non parasité par nos avions, nos automobiles… et Céline Dion ! (l’exemple n’est pas de moi, mais il me plaît). Jusqu’alors, seul Dieu pouvait créer un son et une lumière comparable avec le tonnerre et la foudre, aussi, les soldats d’en face perdaient presque tous leurs moyens, terrifiés par ce qu’ils voyaient et entendaient.
 
C’est aussi cela, l’évolution, c’est souvent indirect et surprenant.
 
Maintenant, parlons de votre attachement aux textes saints, et demandez-vous si cet extrait de la Genèse ne vient pas choquer votre intelligence :
 
‘Les jours d’Adam, après la naissance de Seth, furent de huit cents ans ; et il engendra des fils et des filles.
Tous les jours qu’Adam vécut furent de neuf cent trente ans ; puis il mourut.’
 
Réaliste ?... Ou symbolique, avec des nuances qui peuvent nous échapper, puisque ces textes ont été écrits il y a fort longtemps, par des hommes qui avaient des références différentes ; dont le savoir scientifique restreint vis-à-vis des éléments qui les entouraient les amenaient irrémédiablement vers des explications ‘paranormales’. Si l’on ajoute le fait que ces textes ont été reproduits à outrance, fautes de frappes et de traductions à l’appui (combien de langues : de l’araméen au grec ; du grec au latin ; du latin aux langues dérivées…), la probabilité pour que quelques notions nous échappent est fort grande.
 
Une amie musulmane, m’expliquait son approche du texte sacré qui la concernait. Alors que nombre de Musulmans sont têtus, elle, elle réfléchissait et ne prenait pas tout au mot. ‘Dans le Coran, le Prophète ordonne d’apprendre le maniement de l’arc et du sabre à ses enfants. C’est ce que j’ai fait pour les miens : ils apprennent l’anglais et l’informatique’. Elle avait parfaitement compris la différence entre approche littérale et symbolique. Et ses enfants sont armés pour le Monde dans lequel ils vivent.
 
Je ne tiens pas à faire d’argumentation scientifique, puisque ni vous, ni moi ne sommes des spécialistes de la génétique, de la phylogénétique ou de l’anthropologie.
D’ailleurs, les preuves que vous cherchez à amener (cf. : ‘Une preuve mathématique de l’impossibilité de l’évolution’) sont tellement fumeuses (l’art d’embrouiller son monde avec des calculs et des chiffres creux, hors raisonnement intelligible), que l’on pourrait tout aussi bien démontrer par de pareilles méthodes que le caviar ne vient pas des esturgeons, mais qu’il est fabriqué par Don Diego de la Véga à partir de pierres calcaires.
 
Vos arguments et les miens se battent uniquement sur un point de vue, une logique, pas sur des sciences dont nous n’avons qu’un point de vue lointain.
 
Mais pour conclure, je pense que ce n’est pas la science qui vous fait peur. Après tout, elle n’est pas là, encore une fois, pour nier ou approuver l’existence d’un Dieu, mais simplement pour comprendre les règles du jeu qui régissent notre Univers, que ce dernier soit spontané ou créé.
 
Ce qui vous dérange, c’est que ce que la science découvre ne cadre pas avec l’idée que vous vous faites d’un Dieu. Alors, plutôt que de faire le travail que l’Eglise a fait, par exemple sur la notion que la Terre est ronde, ce qui ne cadrait pas avec les textes saints (mais après tout, me direz-vous, rien ne nous prouve que la Terre est ronde, ni vous ni moi n’avons été dans l’Espace pour le vérifier ; nous faisons bêtement confiance aux spécialistes qui ont fait le travail pour nous) ; elle le reconnaît maintenant, sans quoi elle aurait perdu toute crédibilité (à propos, elle reconnaît l’existence de l’Evolution des espèces. Les Catholiques sont probablement des imbéciles, me direz-vous, dénués de toute notion de théologie).
 
Maintenant, posez vous l’ultime question, vous qui êtes croyant. S’il y a un Dieu, c’est Lui qui a créé les règles du jeu. La filiation des espèces par le principe d’Evolution étant celle vers laquelle toutes les sciences sérieuses convergent, on doit admettre (sauf s’il l’on est arc-bouté sur sa mauvaise foi), que c’est la règle du jeu que Dieu a voulu. En niant Sa règle du jeu, vous l’insultez.
 
Mais moi qui suis agnostique, et pour qui la présence, ou l’absence d’un Dieu ne sont pas absurdes, c’est mon intelligence que vous insultez.
 
Je vous souhaite de réfléchir à l’argumentation sommaire de cette réflexion à propos de votre blog, et de faire fonctionner ce que l’Evolution vous a donné de meilleur : votre cerveau.
 
Je vous souhaite une bonne journée, vous remercie de votre attention, et fais confiance à la solidité de votre foi pour ne pas craindre de laisser ce commentaire dans son intégralité sur votre blog.
 
Pierre Cardonnel.
 
P.S. : la copie de ce texte se trouve sur mon blog  http://pierrecardonnel.blog4ever.com . Le lien vers votre blog est noté : http://lifeorigin.over-blog.net/ .